
L’état d’hypnose et sa «profondeur» sont vérifiables à l’aide de différents tests, qui peuvent aussi être considérés comme des moyens d’induction, de ratification ou d’approfondissement de la transe. Ces tests de suggestibilité, qui peuvent être abordés dès l’entretien préalable et présentés comme des jeux, des exercices d’imagination ou une évaluation de la créativité, offrent une occasion privilégiée d’instaurer le contexte hypnotique. Ils offrent en outre l’opportunité de communiquer des suggestions moins sujettes à l’analyse critique. Utilisant une forme plutôt directe, ils permettent une approche « sans échec » et une exploration comportementale du sujet, propice à la ratification de ses phénomènes idéodynamiques. En outre, ils offrent au sujet la démonstration que son esprit inconscient fait quelque chose de non ordinaire, ce qui crée un cadre d’attente positive, qui augmente la suggestibilité aux suggestions suivantes. Il importe de ratifier positivement toute réaction spontanée du sujet, même – et surtout – si elle ne correspond pas à ce à quoi on pouvait s’attendre. Puis on utilise cette réaction pour orienter l’attention vers un autre test. Les tests de suggestibilité ont un effet additionnel : plus une personne réussit des tests successifs, plus elle a de chances de réussir le suivant et de s’ouvrir à l’acceptation des futures suggestions. Utiliser plusieurs tests successivement permet ainsi de construire un potentiel de réponse hypnotique en créant une séquence d’acceptation : plus le sujet s’entraîne à suivre les instructions et plus il devient suggestible. Et il est important de créer des liaisons entre toute ratification et des suggestions d’approfondissement de la transe. Bien sûr, quand un sujet démontre des signes indicateurs de transe au cours d’un test, il est important de les ratifier et de le guider vers plus de profondeur. Il est également possible d’enchaîner sur une rupture de séquence pour transformer un test en induction instantanée.
Les échelles de susceptibilité à l’hypnose commencent généralement par un entretien préalable pour apaiser les peurs ou les à priori que les participants pourraient avoir, puis procède à l’induction. Les échelles consistent ensuite en un certain nombre de suggestions tests auxquelles le participant peut réussir ou échouer. Les suggestions sont aussi bien motrices ou cognitives, et de plus peuvent produire ou inhiber un effet. Une suggestion motrice positive serait d’essayer de produire un effet moteur, e.g. une suggestion que le bras du participant se lève tout seul. Une suggestion motrice négative serait l’inhibition d’un mouvement, une suggestion que le participant ne pourra pas ouvrir les yeux (catalepsie des paupières). Les suggestions cognitives ont pour but de produire ou d’inhiber des perceptions ou des sensations. Un exemple d’une suggestion cognitive positive serait l’hallucination visuelle de son meilleur ami. Une suggestion cognitive négative serait la surdité sélective. L’effet classique de suggestion postule que pour qu’une suggestion soit réellement ressentie, cela doit être involontaire c’est-à-dire que ça arrive tout seul. Par exemple, un item peut être que votre bras devient de plus en plus léger et commence à s’élever dans l’air. Si vous ressentez votre bras flottant sans effort et qu’il s’élève effectivement ; on dit alors que l’item est réussi. Quand la réponse idéodynamique est obtenue, on procède à sa ratification – évaluation (score +) avant de passer à un autre test.
L’involontarité subjective avec laquelle une suggestion est vécue est mesurée par un certain nombre d’échelles. L’échelle de Stanford se décompose en 3 formulaires A, B et C. Chaque formulaire est constitué de tâches motrices et cognitives et se compose de 12 suggestions de difficultés progressives. En fonction des réactions, un score est déterminé. Plus le score est élevé plus le sujet est sensible à l’hypnose. Ce total représente ainsi la notion théorique d’indice d’hypnotisabilité.